David Granger

Prix national d'excellence RBC 2011

David Granger fait partie de la communauté théâtrale de Saskatoon depuis une dizaine d’années. La vaste majorité de son œuvre a été créée avec La Troupe du Jour; il a, par ailleurs, été invité à collaborer avec plusieurs compagnies anglophones d’importance, notamment le festival Shakespeare on the Saskatchewan.

Artiste extrêmement polyvalent, formé en tant que scénographe à L’École supérieure de théâtre de l’Université du Québec à Montréal, il travaille également comme concepteur d’éclairages, comédien et metteur en scène. David a notamment conçu la scénographie et les éclairages de Rearview, de Gilles Poulin-Denis, ainsi que la scénographie de La Maculée, de Madeleine Blais-Dahlem, deux productions de La Troupe du Jour. On a d’ailleurs pu voir son travail dans le cadre de ce dernier spectacle lors des Zones théâtrales 2011, présentées à Ottawa. David a occupé son temps au département de théâtre de l’Université de la Saskatchewan en tant qu’Accessoiriste en chef, de même qu’au Theater Persephone, où il a créé la conception du spectacle The God of Carnage, de Yasmine Reza.

Projet

La bourse liée au Prix national d’excellence RBC a permis à David Granger d’entreprendre un laboratoire de création - un processus peu exploité en Saskatchewan - dans lequel il a repoussé ses limites créatrices en tant que scénographe et metteur en scène. Dans ce cadre, il s’est particulièrement intéressé à l’histoire de son grand-père, boxeur durant la Seconde Guerre Mondiale.

Avancées du projet  

Pour l’accompagner dans son laboratoire de création, David Granger a fait appel à plusieurs artistes fransaskois, soit David Baudemont, Bruce McKay, Dave Turcotte et Gilles Zolty. La présence de ces complices lui a permis de créer dans un contexte nouveau, un forum différent de ce à quoi il est habitué, ce qui représente l’intérêt majeur de ce projet. En se plaçant ainsi dans une forme de déséquilibre, David a eu l’occasion de s’exprimer et de débattre de ses idées personnelles et de ses inspirations, celles-ci venant nécessairement se frotter et s’enrichir au contact de l’opinion de ses complices. 

Recevoir le Prix national d'excellence RBC a permis à David de vivre un point culminant dans sa vie de créateur, de même qu’une expérience inoubliable. Tel qu’il le souhaitait, le développement du projet lui a donné l’occasion de pousser ses limites, tant au plan artistique qu’intellectuel, en compagnie d’autres artistes allumés et stimulants.

Sur le plan du contenu, ses acolytes et lui ont exploré une vaste gamme de possibilités dramatiques. Ils se sont penchés sur l’univers de la boxe vue en tant que divertissement militaire dans le contexte de la Deuxième Guerre Mondiale. 

Avec une esthétique narrative inspirée du film noir, fragmentée par des confessions des personnages, dans des éclairages à la fois simples et pointus, le projet souhaite, par ailleurs, engager des sens qui sont rarement sollicités au théâtre, soit l’odorat et le toucher.

Au terme du laboratoire, une présentation publique a été offerte aux spectateurs de Saskatoon. Ce travail exploratoire représentera les premiers pas vers la création d’une production indépendante qui verra le jour d’ici quelques années.

Après avoir rapidement développé une séquence d'images et de scènes qu’il a couchée sur papier, créant ainsi une série de dix tableaux et l’esquisse de quatre personnages, David a pu amorcer un dialogue avec ses collaborateurs. Il a tout d’abord bénéficié des conseils dramaturgiques de l’auteur fransaskois, Gilles Poulin-Denis, qui a suivi le texte tout au long de son développement, nourrissant David de ses conseils et questions. En parallèle, il a eu l’occasion de passer de nombreuses soirées en compagnie de Gilles Zolty, auteur-compositeur et concepteur sonore du projet. 

Puis, en février 2012, Marie-Claire Marcotte, Alicia Johnston, Gilles Poulin-Denis, Dave Turcotte, Mario Lepage, Jean-Sébastien Gauthier et Denis Rouleau ont participé à deux journées d’exploration permettant de faire évoluer le projet à grands pas. Notamment, plusieurs tests vidéo ont été réalisés dans le but de créer avec précision des projections sur le corps des acteurs.

La Troupe du Jour, de Saskatoon, a ensuite décidé d’insérer le projet de David dans le cycle de production dramaturgique de la compagnie. C’est ainsi qu’à la fin Juillet 2012, il se retrouvait en résidence d’écriture, accompagné de la metteure en scène québécoise, Marie-Ève Gagnon. Aussitôt ce travail terminé, débuta une nouvelle phase de laboratoire, menant  à l’exploration de différentes possibilités textuelles, puis de l'espace scénique. Ce travail de laboratoire a mené à deux représentations semi-publiques qui ont récolté des commentaires très élogieux. Nourri de ceux-ci, David a continue à peaufiner sa proposition.Et le reflet de notre lune dansera est présentée en janvier 2016, dans le cadre de la saison 2015-2016 de La Troupe du Jour, le texte et la mise en scène sont signées par David Granger.