Maurice Arsenault

Maurice Arsenault
Maurice Arsenault

Prix Marcus-Banque Nationale 2013 - ex-aequo

Maurice Arsenault œuvre depuis trente ans dans le secteur culturel, surtout dans le domaine du théâtre. Il détient un diplôme en génie industriel et a pratiqué cette profession pendant trois ans avant de se diriger en théâtre. À cette fin, il a suivi divers cours de formation et plusieurs stages pratiques.

Maurice Arsenault est directeur artistique et général du Théâtre populaire d’Acadie depuis octobre 2005. Il y travaillait comme chargé de projets depuis mai 2002. De 1998 à 2002, il fut au service du Centre national des Arts, à Ottawa - à titre de coordonnateur et délégué à la programmation du Festival du théâtre des régions (édition 2001), de responsable du développement au Théâtre français (1999-2000) et de coordonnateur des 15 Jours de la dramaturgie des régions (édition 1999). Il a également travaillé comme conseiller, rédacteur ou coordonnateur de projets pour plusieurs compagnies de théâtre et divers organismes culturels de différentes régions du Canada. De 1989 à 1995, il a assumé la direction artistique du Théâtre l’Escaouette, à Moncton.

Maurice a signé plusieurs mises en scène au Théâtre l’Escaouette et au Théâtre populaire d’Acadie, les plus récentes étant Le Magnolia, de Jacques De Decker, Lucien, de Marshall Button (traduction de Maurice Arsenault), 3 farces de Tchekhov (traduction de André Markowicz et Françoise Morvan), L’Oiseau matinal, de Colleen Wagner (traduction de Maurice Arsenault) et Tenter le destin, de Robert Chafe (traduction de Marie Cadieux). En 2007, il créé un festival annuel en été au TPA, L’Estival du Théâtre populaire d’Acadie qui, dans ses six éditions, a fait une place importante aux artistes émergents et à une très grande diversité d’approches artistiques.

Sous sa direction, le Théâtre populaire d’Acadie a mené sa première campagne majeure de financement, laquelle a récolté 1 million de dollars, et la compagnie a créé un fonds de roulement de 100 000 $ en collaboration avec la Fondation des Arts du Nouveau-Brunswick. Ses expériences de travail comprennent aussi le jeu, la direction de production, la régie et l’animation d’une émission radiophonique à Radio-Canada. De 1992 à 1995, il fut président de l’Association nationale des théâtres francophones hors Québec (devenue l’ATFC depuis), après y avoir siégé comme trésorier, de 1990 à 1992. Il fut aussi actif sur d’autres comités, dont le Comité d’orientation des « États généraux des arts et de la culture dans la société acadienne au Nouveau-Brunswick ».

Extraits du dossier de candidature

Depuis maintenant près de trente ans, Maurice Arsenault participe activement à l'épanouissement du théâtre francophone du Canada français en général et de l'Acadie en particulier. Son parcours impressionnant s’articule selon plusieurs axes qui sont devenus, au fil des ans, de véritables caractéristiques - voire de véritables priorités -  de son travail : d'abord, l'accent particulier sur la relève et sur la jeunesse; ensuite, le développement d'initiatives spéciales; enfin, les échanges, les collaborations et l'ouverture sur le monde. Instigateur à l'instinct et au flair étonnant, il faut souligner son soutien constant envers les artistes émergents au sein des activités du Théâtre populaire d’Acadie. Ainsi, depuis la création du Festival de théâtre tout public en Acadie (devenu par la suite  l'Estival du TPA), plus d'une dizaine de spectacles d'artistes émergents ont trouvé leur place dans l'une ou l'autre des éditions de l'évènement. Plusieurs artistes acadiens se sont ainsi vus offrir la chance de présenter leurs créations dans le contexte d'un festival mené par une compagnie établie, et ce alors qu'ils sortaient à peine des écoles de formation. En prenant le risque d'accueillir ces jeunes créateurs et leurs collègues, Maurice Arsenault leur a permis de s'inscrire dans le milieu professionnel, lançant en quelque sorte leur carrière, tout en montrant à son public le dynamisme et l'originalité du travail des jeunes artistes acadiens. À cet égard, et avec toute la patience et l'attention qu'il a portées à ces jeunes artistes, il peut être considéré comme un véritable mentor.

La relève a également eu sa place dans les coproductions du TPA sous la gouverne de Maurice Arsenault. Mentionnons la création jeunesse du TPA, Aurel aux quatre vents, menée par six artistes émergents - à l'écriture, à la mise en scène, au jeu et à la scénographie - et La Ville en rouge, qui mettait en vedette quatre artistes émergents et un artiste en mi-carrière.

Parfois dans l'ombre, Maurice Arsenault a été - et continue à être - non seulement un initiateur, mais un réel moteur de développement du milieu théâtral acadien et canadien-francophone, ayant à cœur le rayonnement du théâtre francophone dans un contexte durable, viable et avec le souci de créer des fondations solides pour les prochaines générations de créateurs.

Activités de mentorat

Mélanie LégerRemis aux deux ans, soit les années impaires, le Prix Marcus-Banque Nationale vient souligner le travail exemplaire d’artistes franco-canadiens dont la démarche possède un impact majeur à l’échelle régionale ou nationale et s’est inscrite dans la durée. Maintenant doté d’une bourse de 15 000 $, il a initialement été créé en 2005 en l’honneur de Jean-Claude Marcus, un ami de l’Association des théâtres francophones du Canada, qui a longtemps œuvré au Théâtre français du Centre national des Arts et qui siège aujourd’hui sur le conseil d’administration de la Fondation. Jean-Claude Marcus a reconnu, dès les années 1980, le besoin d’appuyer les compagnies et les praticiens du Canada français afin de leur permettre de surmonter l’isolement dans lequel ils évoluent.

Avec l’édition 2013, le Prix Marcus-Banque Nationale permet maintenant que, dans une perspective de filiation, de développement du milieu et de transmission du savoir, le lauréat choisisse un/e protégé/e avec qui il entretiendra pendant l'année suivante une relation de mentorat. Maurice Arsenault a ainsi choisi de bonifier le stage à la direction artistique du TPA que l’auteure Mélanie Léger a effectué au cours de la saison 2013-2014 en vertu du Prix spécial Suzanne-Cyr. De façon particulière, elle a eu l’occasion d’effectuer une traduction et de rédiger une communication sur le sujet, qui a été livrée lors du Congrès mondial acadien 2014.