Marie Farsi

Marie Farsi
Marie Farsi

Prix Power Corporation du Canada 2015

Marie Farsi est une metteure en scène et une créatrice franco-canadienne qui commence à se tailler une réputation enviable à Vancouver et ailleurs. Sa passion pour le théâtre physique et les cultures se recoupent et lui ont permis de développer un intérêt pour le théâtre d'ailleurs. Le voyage est un aspect essentiel de son parcours artistique, et elle se démarque par son profil international et atypique.  À l'été 2015, elle a participé au Samuel French Off Off Broadway short play festival avec l'auteur James Gordon King et la comédienne Émilie Leclerc. Plus tôt lors du même été, elle avait d’ailleurs mis en scène trois courtes pièces de James Gordon King dans le spectacle immersif Rivulets: 3 short plays about a flood dans le Chinatown de Vancouver. En novembre 2015, elle a eu le plaisir de mettre en scène une production bilingue de Jean et Béatrice, de Carole Fréchette. Elle est diplômée de l'Université Concordia avec un baccalauréat en Performance théâtrale. À travers les années, elle a ainsi étudié la Biomécanique de Vsevolod Meyerhold (un grand dramaturge et metteur en scène russe qui s’est particulièrement intéressé à l’entraînement de l’acteur à la fin du 19e et au début du 20e siècle) à Pérouse en Italie, et plus récemment, l'opéra chinois, à l'Académie Nationale des Arts du Théâtre chinois, à Pékin. Au mois de décembre 2016, Marie participait à la sixième édition du Stage en formation continue au Banff Centre for the arts, une initiative de l'Association des théâtres francophones du Canada, profitant de l'atelier «L'art de la Marionnette : Jeu et Création» donné par Clea Minaker. Marie Farsi en était à sa deuxième participation à cette activité de ressourcement professionnel.

Projet

 Grâce à la bourse de 5 000 $ associée au Prix Power Corporation du Canada, Marie Farsi s'est rendue à Bali pour un séjour d’un mois. Elle a eu la rare chance d’étudier les "arts de la scène" traditionnels de l'endroit - plus particulièrement le théâtre de marionnettes d'ombres, les masques et la danse topeng. Cette formation s'est déroulée sous les auspices de l’école de théâtre physique Dell Arte International, dont le champ d’intérêt s’articule autour du corps et du mouvement. Située en Californie, l’école Dell Arte International est réputée au plan international comme un centre d’excellence en performance, en recherche et en formation de l’acteur-créateur. Ce stage à Bali est organisé sur une base annuelle depuis plus de dix ans maintenant.   

Le projet soumis par Marie Farsi à la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada était unique, ambitieux et séduisant de par le type de recherche qu’il impliquait. Un type de recherche qui va au-delà de la simple exploration théâtrale pour toucher au cérémonial, au rituel et à une forme de divin. Dans ce programme très particulier, les participants étudient les arts de la scène et l’artisanat traditionnels balinais avec des maîtres du village dans leurs propres maisons. Il s’agit d’initier les élèves aux arts de la scène tels qu’on les pratique là-bas, de leur faire découvrir de quelle façon les Balinais vivent et créent, et comment cette création artistique est tissée autour de la vie de famille et des coutumes religieuses. La ville d’Ubud se situe au centre de l’île, connectée à un réseau de villages et de communautés d’artistes, tous reconnus pour une spécialité artistique spécifique : Mas est le village des sculpteurs de masques ; Sukawati, celui des marionnettistes ; Celuk, le centre des orfèvres. Bali est une île extraordinaire où la créativité est vue comme une chose ordinaire. L’art fait partie intégrante de la vie quotidienne et religieuse. Ce programme est conçu pour ceux qui veulent participer à la vie familiale et cérémonielle de professeurs-maîtres balinais d’exception, pendant un mois d'études intensives.

« Toutes mes journées étaient remplies et riches en expériences culturelles. En soirée ou durant les fins de semaine, nous avions des rencontres organisées avec d’autres artistes de la région […] La religion, les rituels et l’art se mêlent et font partie intégrante de la vie quotidienne des balinais. Nous avons eu le privilège de participer à plusieurs cérémonies locales ; ce qui m’a permis de mieux comprendre leur relation très particulière aux arts qui est une façon de se connecter à l’invisible et à l’inconnu, de traduire l’intangibilité du mystère de la vie en une chose concrète. […] Les rencontres et conversations que j’ai eues avec des artistes de Bali et d’ailleurs m’ont encouragé à mieux comprendre, identifier et questionner ma conception du théâtre et des arts. Je suis repartie avec une certaine forme de sérénité et de confiance par rapport à la longue quête artistique qui m’attend. »

-Marie Farsi

 

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